Bonjour l'ambient
Ca vient d'un post de Pierre auquel j'ai réagi (un peu du mot à mot ce commentaire d'ailleurs) : ça parle de James mais au-delà, de Brian Eno.
Finalement, ce sont les Cocteau Twins qui ont vu juste (ce devait être dans une interview publiée dans feu-Best avec feu-Georges Daublon au magnéto et aux questions pertinentes) : à l'époque de Victorialand (enfin, juste avant), Eno les a contactés pour les produire. Je retranscris de mémoire (je ne sais plus si c'est Liz Fraser ou Robin Guthrie qui parle) : "C'était le grand Brian Eno qui allait malaxer les petits Cocteau Twins à sa guise. On a refusé".
On touche là une question intéressante : lorsque Eno "produit" / donne sa caution / met son nom sur un disque, ça donne quoi ? James donc (OK, ils étaient déjà bien mal partis avec "Sit Down" comme tube à la U2), le premier album officiel de Devo chez Warner ou la compilation No New York : au mieux, un soutien ; au pire, une prise en main qui peut détruire l'originalité de départ.
Lorsque Brian Eno est membre à part entière du groupe ou de l'entité - Talking Heads et David Byrne, U2 (quoiqu'on pense d'eux par ailleurs), Bowie, Moebius & Roedelius, John Cale, Jon Hassell, etc - il y a un supplément, ce quelque-chose-en-plus qu'on emporte avec soi après qu'on a quitté une salle obscure (de cinéma ou de concert).
Travailler avec un cerveau demande un peu de force. Il faut avoir un peu de stock pour donner le change, pour que l'échange ne tourne pas à l'offre publique d'achat (comme disent les cons des revues de presse).
Où l'on découvre que Brian Eno est l'anagramme de "one brain".
(OK, je sors).
PS : James fut un groupe intéressant le temps de leurs deux premiers albums (et du live One Man Clapping) : beaucoup plus intriguant que les Woodentops à la même époque dans le genre "boisé électrique". Je me souviens très bien en avoir été fan avec un peu de retard avant de déchanter lorsque "Come Home" et "Sit Down" sont venus les remettre dans le "droit chemin" (tel que le voient les chefs de produits des maisons de disques) avant de les balancer dans l'impasse des bacs à soldes.
PS 2 : Je me souviens d'un petit article (séquence d'ouverture nommée "popus") dans Les Inrockuptibles au terme duquel le journaliste racontait qu'Eno lui avait réparé son walkman : je pensais alors que c'était le summum de ce métier qui faisait tant envie : rencontrer un honnête homme et le raconter. C'était bien avant le passage en hebdomadaire et le passage fatidique du 100ème numéro au terme duquel on "fait le ménage".


4 commentaires:
help
ce "you are sleeping, you do no want to believe" est samplé sur une chanson, mais laquelle ?
C'est l'outro d'une face b des Smiths, "Rubber Ring" (aussi sur The World Won't Listen).
D'ailleurs il suffit pour s'en rendre compte d'écouter les singles de Devo (non produits par Eno) et leur premier album qui reprend pas mal de ces chansons pour entendre la différence, Eno les a aseptisés.
Et comme tu le dis très bien, avec les Talking Heads (qui n'auraient jamais réalisés Fear of music et Remains in light de cette manière sans Eno)(sans parler de My life in the bush of ghosts) et Bowie il s'agit d'une collaboration active et pas simplement de production. Mais les personalités concernées y soint aussi pour quelque chose.
Concernant Devo, j'ai d'abord écouté les 2 volumes de "Hardcore Devo" ainsi qu'un live (75-77), le tout très brut et bordélique. Il est vrai que l'apport d'Eno par la suite est négatif.
Enregistrer un commentaire