lundi 12 juin 2006

Law and order

Au milieu des années 80, Jonathan Demme filme New Order live jouant The Perfect Kiss : entre maladresse humaine et rigueur des machines. "The machines play us", disait Kraftwerk. On a ici l'impression que les membres du groupe sont constamment dépassés par leurs machines :
- Summer a beau essayer de chanter juste, de taper en rythme sur sa percussion métallique et de placer quelques riffs de guitare, il a l'air d'un grain de sable dans la machinerie des enchaînements du morceau ;

- Hook se rend peut-être compte que sa basse est légèrement décalée / désaccordée par rapport aux pistes de claviers, il est obligé d'abandonner son instrument pour aller taper sur des fûts électroniques parce que le programme le commande ;

- Quant aux deux autres (comme ils se nommeront eux-mêmes pour un éphémère side-project, se projetant en-dessous de machines qui ont toutes un numéro, une référence, un nom), ils sont aux ordres, esquissant une mimique, un sourire mais jamais plus, comme s'ils voulaient demeurer aussi immobiles que les claviers et consoles auxquels ils sont attachés.

C'est ce décalage qui m'a frappé lorsque j'ai revu pour la première fois ce clip, plus de 15 ans après une première vision.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Un seul mot: merci; ça m'a rappelé un tas de souvenirs et de sensations