Il est partout
Lorsque Act Up avait sorti cette affiche, il s'était trouvé des éditorialistes (en salon ou sur la blogoboule) pour dire que "quand même, il ne faut pas tout mélanger, lui, il est démocrate, il n'est pas fasciste" et oubliant que le VRP du FN ne serait jamais élu à la présidence de la République (tout simplement parce qu'il ne le veut ni le peut), qu'une marche sur Rome n'était pas pour demain et que son parti explosera dès la mort du chef. Or, cette affiche est bel et bien le programme du président de l'UMP : en votant pour lui, on vote pour un autre sans la honte qui peut entacher le vote pour l'extrême droite. La droite se qualifie elle-même de "décomplexée" et peut continuer son boniment comme un vulgaire bateleur de marché dominical.
S'il reste quelques articles de presse pour pointer cette droite décomplexée (le dernier en date ici), on cherche en vain un édito français qui soit aussi net que celui du Soir belge.
Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux
samedi 14 avril 2007, 09:34
Joëlle Meskens
Jusque-là, nous ne l'avions pas écrit. Parce qu'il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l'avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis.
Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n'a pas à rougir de son Histoire. Elle n'a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l'Etat français pour la collaboration.
Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d'inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d'un directeur dérangeant, discutant là de l'embauche d'un journaliste chargé de couvrir l'UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants.
« Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l'UMP se félicitera peut-être d'avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d'une lepénisation des esprits.


2 commentaires:
L'article de Marianne de ce samedi e de montrer effectivement le silence incompréhensible des médias (journaux, télés, radios...) vis à vis de Sarkozy, comme si tout le monde en avait peur... ou qu'il les tenait par les couilles...
Il est clair que ce type est un Mussolini en puissance.
C'est bien, c'est plein de rythme ici bordel! http://andy-verol.blogg.org
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