L'Autre Journal, mai 1992
"Il faut être diablement seul pour s'imaginer que la photo qui bouge derrière l'écran du poste de télévision est dotée de perceptions humaines. Il faut être tragiquement seul pour écrire à une image. Un tas de gens n'adresse plus la parole qu'à leur téléviseur. Et quelle conversation a-t-on avec des images qui ne sont plus celles que l'on pourrait souhaiter mais celle que l'on vous impose ? Je suis une image imposée. Au fond, la télévision, ça sert à diriger les gens. Je suis un homme de télévision, je la fais, et je sais que le meilleur moyen d'éteindre la lecture, de tuer toute curiosité, d'abandonner ses projets de voyage ou de refuser de sortir le soir, c'est d'allumer cette saloperie."


4 commentaires:
tu aurais pu dire qui a énoncé cette évidence, d'autant plus qu'il vient de nous quitter, le croquemitaine du bon dimanche sous vos applaudissements...
En pleine nuit, j'ai eu une conversation sur le rôle du Vatican entre 1900 et 1945 sur tv5 monde ensuite j'ai parlé à Blutch puis à Moebius. A défaut d'éteindre mon insomnie, ces sujets ont piqué ma curiosité. Bien sûr, il ne s'agissait pas de véritable conversation, en même temps je doute que j'aurais pu avoir ce genre de conversation avec la boulangère du coin car l'on sait comme ces "conversations" de courtoisie peuvent être futiles et inintéressantes. Et je n'ai pas la chance d'être entourée d'Adler ni de Mr et Mme CNDP. Ca m'énerve ces poncifs réducteurs.
Il faut être diablement seul pour s'imaginer que le texte écrit sur l'écran de l'ordinateur est doté de perceptions humaines, pourtant, je te le dis Rom, on a bouclé le mag. Merci.
C'est incroyable mais vrai.
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