samedi 25 février 2006

Luxe, calme et subtilité

Je ne sais pas si cela doit rassurer, mais je ne suis pas le seul à m'interroger sur ce que sont devenus les Cahiers du Cinéma depuis un certain temps : un peu l'impression qu'on gère le tout comme un musée (qui a dit "une cinémathèque" ?) en espérant que ça ne se verra pas. A part certains critiques dont j'apprécie la prose ailleurs, j'ai l'impression de lire des articles vides. Les Cahiers seraient-ils devenus "La maison cinéma et Le Monde" ?

Olivier Séguret le dit mieux que moi dans Libération :

On ne peut pas, d'un côté, constater tous les jours que ce que l'on a appelé autrefois le «cinéma» et les «films» sont devenus des sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne et, de l'autre, continuer de cajoler la chimère nostalgique d'un «cinéma» comme instance morale au rayonnement pérenne, ou bien qui ne vaudrait que pour lui-même, ou pour la grâce de l'art, détaché dans son pur éther. Une espèce de Paradis totalement artificiel et meublé de certitudes rustiques, mêmes remaquillées «subtiles».

(l'article entier)


De la subtilité, il semble bien que la grande opération de com' du ministère de la Culture en manqua un peu. Le meilleur compte-rendu du raout du Palais de Tokyo de la semaine passée est sans doute celui de maître Eolas :

- il se dégage de cette agitation le sentiment d'assister à une réunion pour décider comment sauver l'industrie du fiacre face au danger de l'apparition de l'automobile : les acteurs actuels sont ni plus ni moins en train de refuser le progrès technologique pour défendre un schéma économique obsolète (le monopole du support) qui leur était particulièrement favorable. Le train a été raté en 2002 quand face à l'apparition des MP3, les majors ont fait fermer Napster. Deux ans de procès pour se retrouver face à Kazaa, eDonkey et aux réseaux en P2P. Des offres légales n'apparaissent qu'en 2005, pour proposer des fichiers limités, incompatibles entre eux, nécessitant impérativement un programme précis seul compatible, pour un euro le fichier, en espérant que du coup, les internautes qui depuis trois ans avaient pris l'habitude de télécharger gratuitement des formats hautement compatibles allaient se retourner vers ces nouvelles plates-formes. Ébénon. Et de deux trains de ratés.

(l'intégralité du post)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est bien malheureux en effet tout ça...
On attends des cinéastes, des intellectuels une vraie vision du monde contemporain plutôt que du "Nous vivons une époque de merde, c'était mieux avant."