Télé Gondry
Aujourd'hui, Chez parle des différentes catégories de casse-burnes qui, petit à petit, privatisent cet espace encore public qu'est la salle de cinéma ("Comment ça, je n'ai pas le droit de parler pendant le film ?") - c'est aussi ça être de son temps : privatisez, privatisez, il en restera bien quelque chose. La semaine passée, pendant la projection de La Science des rêves, un ou deux individus illustraient à merveille ceux que Chez a nommés très justement "esclaffes de leurs pulsions". Etrangement, ça ne m'a pas gêné plus que ça : n'était-ce pas eux qui avaient raison de rire comme s'ils étaient devant leur poste de télévision ?
Le dernier film de Michel Gondry entre dans une catégorie de films dont je ne soupçonnais pas l'existence jusqu'ici : pas puant, pas raté ou bancal... mais pas non plus un beau film, euh, comment dire, La Science des rêves n'est pas un film de cinéma, voilà, c'est ça. Ce n'est pas non plus un téléfilm, non : c'est le pilote d'une très bonne série française qui ne passera jamais à la télévision.
Les acteurs sont plutôt très bons (Chabat, complètement dedans et très libre en même temps) mais voilà, malgré du bricolage astucieux recyclé de dessins animés tchécoslovaques et la poésie des mercredi après-midi d'antant (ce que Gondry réussissait déjà dans ses clips), c'est plat. Les rêves du héros sont matérialisés par un studio de télévision en carton dans lequel il se voit en train de les présenter / diffuser. Nous en sommes téléspectateurs. Mise en abîme, la vache qui rit, etc. C'est (très) agréable pendant mais après, que reste t-il ?
Rien.
J'ai même oublié la fin.


5 commentaires:
je suis également "esclaffe" de mes pulsions, celle de mettre mes genoux contre le dossier de devant... quand il n'y a personne, j'aime le cinéma comme ça
Ne me dis pas que tu bouffes aussi du pop corn en regardant des productions Europa Corp...
je ne bouffe pas, je mange des bonbons dans des salles qui ne vendent rien à bouffer/dans des salles qui vendent du pop corn en baril, les seules productions Europa que j'ai vues sont celles diffusées à la télé...
Je me pose la question, là, maintenant, qu'est-ce qu'il m'en reste ? Et bien sans aller jusqu'à rien, je dirais plutôt pas grand chose. Le jet de télé dans le canal est pas mal du tout quand même.
Peut-être que le fait que Kaufman n'ait pas écrit le scénario cette fois y est pour quelque chose ?
Eternal Sunshine était plus fouillé.
C'est grâce à cette scène (entre autres) qu'on voit que Chabat n'est jamais bien utilisé au cinéma.
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